Kellie Pourre coordinatrice, animatrice et formatrice du pôle Animation Nature

Date de l'article : 06.01.2020 - 16:00
Auteur : Line Hermet et Hugues Ferrand
En résumé : Du dynamisme et de la passion !
L'article :

  Un parcours de formation riche et ouvert

Peux-tu nous préciser en quelques lignes, ton origine géographique et ton parcours ?

J’ai grandi dans le pays de la Loire mais je suis originaire du Pas-de-Calais. En fait j’ai beaucoup bougé avec mes parents, et pour mes études. 

Très tôt, tu as été, semble-t-il, intéressée par la paléontologie ?

Captivée par les dinosaures (c’était l’époque de Jurassic park !) dès 5 ans, je voulais être paléontologue ! Mon parcours de formation s’est donc naturellement orienté vers des études me permettant d’atteindre cet objectif. Après un bac scientifique, j’ai poursuivi des études universitaires en Sciences et Vie de la Terre à Nantes et Poitiers, puis à Lyon en 2005 pour obtenir un Master recherche. La voie de la thèse pour faire de la recherche n’ayant pu aboutir, j’ai opté pour un métier qui me permet de faire de la vulgarisation scientifique. En parallèle, j’ai toujours pratiqué des activités liées à mon intérêt pour les espaces naturels comme guide dans une grotte, animatrice dans un parc de la préhistoire en Ariège. Je me suis aussi familiarisée avec plusieurs domaines naturalistes (ornithologie par exemple).          

Ton arrivée aux EE date déjà de 2014, pourquoi ce choix des EE ?

Après diverses expériences en animation scientifique dont un séjour au Québec, j’ai suivi et obtenu le Brevet Professionnel de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire et Sportive, en Éducation à l’Environnement et Activité de la Randonnée. En tant qu’accompagnatrice de randonnée pédestre et vélo, j’ai pu pratiquer en montagne (Pyrénées, Alpes et Massif Central). Je me suis aussi confrontée au terrain et à l’organisation associative avec le CPIE du Haut-Languedoc pendant 5 ans. Avant d’être repérée et sollicitée par Jean-Pierre Vigouroux et Luc David. 

Aux EE en quoi consistent tes activités au sein du Pôle Médiation de l’écologie scientifique ?

J’assure la fonction de coordinatrice pour animer l’équipe du pôle. Dans le cadre de mes responsabilités je coordonne les activités pour le grand public et les groupes professionnels (forestiers, bâtiments écologiques, collectivités…). Je participe aussi à divers programmes (Espaces Naturels Sensibles, Montpellier Main Verte…), et mets en place des animations pour des publics non captifs (évènements sportifs de pleine nature, salon du livre...) pour leur faire découvrir la nature et les émerveiller. 

Quels sont tes objectifs et tes approches entre formation et animation ?

J’interviens sur les 2 volets. En animation j’interviens aussi sur le terrain, par exemple je dirige un camp de vacances en été et en automne. L’animation concerne tous les publics (loisir, camps de vacances, scolaires) pour la découverte de la nature et l’immersion dans la nature (fabrication d’objets “nature” par exemple). Pour la formation, qui m’intéresse depuis mon arrivée aux EE, j’interviens dans les formations initiales comme le BPJEPS (futurs animateurs) mais aussi pour la formation continue (formations inscrites au catalogue des EE) et en réponse à des demandes spécifiques comme la formation des agents du département du service des routes pour qu’ils puissent expliquer leurs actions liées à l’environnement (biodiversité, gestion des déchets…) auprès des classes de collèges. Nous recherchons avec les personnes le meilleur moyen d’atteindre ce qu’ils souhaitent. Nous sommes maintenant aussi sollicités pour former des équipes qui organiseront des évènements comme « les 24h de la nature ». 

As-tu constaté une évolution tant sur la participation, l’intérêt et les questionnements des  publics ? Avec quel public te sens-tu le plus en phase ?

Depuis 13 ans que je fais de l’animation, je peux constater la place grandissante du numérique. Il suffit de se connecter à internet pour avoir la connaissance (mais non vérifiée) donc le travail que nous proposions sur les savoirs à transmettre peut sembler moins adapté. Il y a une demande (de formation) pour mieux utiliser le numérique, par exemple les collégiens sont très intéressés par le « géocaching ». Mais aussi, souvent, des parents nous demandent de les aider à sortir les enfants de leurs écrans et leur faire découvrir la nature.          Par ailleurs, lors d’animations nature, le public vient avec des questionnements sur des annonces médiatiques (comme la disparition des insectes) afin de se renseigner et de mieux comprendre les phénomènes. 

Une organisation rigoureuse au service des EE 

Disposes-tu d’une autonomie dans ton travail, comment s’effectue la répartition des missions entre les membres du pôle, comment peux-tu qualifier les relations avec tes collègues au sein de l’équipe ? La répartition des missions et des projets se fait en fonction des compétences de chacun, et de ses envies : le choix est collectif en prenant en compte les préférences, les disponibilités et contraintes d’agenda. Je me sens très investie et engagée pour des valeurs partagées au sein de l’association. Je me sens libre de m’exprimer, être force de proposition pour mener des projets. Nous avons une très grande relation de confiance, d’écoute et de bienveillance entre nous. Je suis également dans le « coco », comité de coordination de l’équipe salariée des EE, (nous sommes cinq) qui se réunit une fois par mois.  Je me sens ainsi encore plus concernée car disposant d’une vision globale des activités de l’association. 

Quel retour des 5 années passées au sein des EE : as-tu rencontré des difficultés, es-tu satisfaite ?

Déjà 5 ans ! La principale difficulté c’est le manque de temps disponible ! Il faut faire beaucoup de choses dans l’urgence, et j’ai l’impression de ne pas pouvoir toujours bien les faire. Ce rythme intense d’activité est possible car les collègues sont présents et bienveillants. 

Quel serait le message que tu voudrais transmettre ?

Quand on me demande ce que je fais, je réponds que « Je mets les gens dehors ! » Faire de l’éducation en lien avec la nature, c’est être des « Créateurs de souvenirs et fournisseurs d’émotions » 

Comment te projettes-tu dans un proche avenir ?

Je me vois bien poursuivre mon investissement au sein des EE, continuer à réaliser nos projets, à participer à des programmes d’éducation pour tous les publics, à leur montrer notre belle nature. Mais, je ressens aussi la nécessité d’intégrer un peu de militantisme dans nos actions au sein des EE afin de faire remonter des difficultés et défendre nos métiers auprès des institutionnels et élus. 

Hugues Ferrand et Line Hermet