Le volet de nos pipistrelles

Date de l'article : 23.11.2019 - 08:00
Auteur : Gilles Lorillon
En résumé : Il y a déjà quelques années de cela (disons 2013 ou environ), je vois l'un de mes chats Moka regarder ostensiblement et avec obstination le volet gauche de la porte-fenêtre de mon bureau. Qu'y a-t-il de si attractif vers ce volet ? Bon, pour me rendre compte, je l'ouvre et que vois-je contre le mur ?
L'article :

Une petite pipistrelle qui, "réveillée" par la lumière produite, se met à remonter plus haut le long du mur à reculons. Je rabats délicatement le volet et demande instamment au dit Moka de reprendre une vie normale, en clair de s'occuper à d'autres tâches, ce qu'il ne manque pas de faire car ici en pleines garrigues, y'a du lézard, des papillons, des sauterelles vertes, des criquets, des cigales, des campagnols, des oiseaux… Bref, l'activité de chasse pour petits félidés est bien remplie. Il y a même un autre de mes dits chats, Mowgli, qui nous a ramené un jour un Seps strié. Cette espèce étant protégée, j’ai immédiatement assigné Le Mowgli à la cour de justice de Genève aux Nations Unies Animales. Faut quand même ne pas exagérer là, non ? Mais … Classé sans suite et… Acquitté le Mowgli !

Depuis cette époque, tous les ans au début des beaux jours (vers fin mars), j'ai une ou deux de ces petites bêtes qui viennent régulièrement se réfugier au petit matin derrière mon volet et qui repartent chasser les insectes nocturnes à la tombée de la nuit. Ne les ayant pas baguées, je ne saurais dire si ce sont les mêmes d'une année sur l'autre ou pas. Qu'en dit la littérature : "animal très opportuniste, lieux bien exposés, dans les greniers des maisons ou derrière des volets". Plus développé : "Espèce essentiellement sédentaire. Les colonies de reproduction ne sont généralement séparées des quartiers que de 10 à 20 km. Cet animal part dans le sud pour hiverner de la mi-novembre à mars, avec des périodes de léthargie allant d'une à quatre semaines seulement, peut être dans les arbres creux, sinon dans les crevasses profondes des rochers, dans les fentes des murailles, dans les caves, les carrières et les habitations.
Elle peut chasser partout, du sol à la canopée avec une prédilection pour les allées forestières et les sous-bois. Elle chasse très souvent en lisière de forêt et au-dessus des points d'eau (mares, étangs) où les individus viennent boire
1. Avec une longévité supérieure à 17 ans, les femelles atteignent la maturité sexuelle pendant la première année, comme une partie des mâles. La mise-bas a lieu à partir de la deuxième année de la mi-juin à début juillet. Elles y mettent bas 1 petit, rarement 2 ou 3. Ils naissent totalement nus, les yeux s'ouvrent à 3 ou 4 jours. Le vol s'amorce à la quatrième semaine 2".

Et c'est ainsi que tous les ans, nous accueillons nos petites pensionnaires "triées sur le volet".


Une de "nos" pipistrelles sur son mur...
 … Ou derrière "son" volet,
et le petit plaisir de caresser son museau de Nounours.

Un Seps strié (Chalcides striatus). Très difficile à observer.


1 Chez nous, elles font des "touch-and-go" à la surface de la piscine.

2 Source ONF


Gilles Lorillon, Sauteyrargues, ingénieur informaticien retraité, membre bienfaiteur des "Écologistes de l'Euzière", car je les aime bien donc je les soutiens.