Observations par caméras animalières

Date de l'article : 06.01.2020 - 05:00
Auteur : Gilles Lorillon
En résumé : Découvertes étonnantes de la faune sauvage des garrigues !
L'article :

Il n’y a pas que les naturalistes professionnels de l’association qui observent la nature avec l’aide de pièges photos permettant de découvrir la présence et l’activité de la faune nocturne, tout en étant tranquillement au chaud chez soi. Gilles, un de nos fidèles adhérents a, lui aussi, fait des découvertes étonnantes tout près de chez lui.  Depuis plusieurs années déjà (2012 environ), je m'amuse (comme un gosse quoique retraité !) à placer en garrigues ou autour de chez moi des caméras animalières, c'est-à-dire avec LED infrarouges et à déclenchement de mouvement. Ça prend donc des vidéos en noir et blanc de nuit, et en couleur de jour. J'en ai une avec GSM qui m'alerte sur portable et par mail quand elle se déclenche en envoyant une photo horodatée. Pour le plaisir je vais donc vous en donner ici quelques extraits. Certes, il faut un peu repérer le terrain, voir où il y a des passages d'animaux (déjections, herbes couchées, piétinements, traces au sol, etc.), mais bon, ce n'est pas obligatoirement nécessaire. Le pire n'étant jamais sûr, poser une caméra autour d'un arbre au détour de nulle part, juste au hasard d'un coup de bol potentiel, c'est bien aussi. Qu'y a-t-il en garrigues au cœur de la nuit, en toutes saisons ? En un mot comme en mille, une grande activité nocturne ! La faune sauvage y est sémillante et remuante; pêle-mêle sangliers, blaireaux, fouines et martres, lapins des garrigues et autres renards et renardeaux, sans oublier les oiseaux, voire des AVNI (Animaux Véritablement Non identifiés). À noter qu'au même endroit au cours d'une même nuit, plusieurs espèces peuvent se succéder… Dans la logique de la chaîne alimentaire. Certaines suivant manifestement les traces et les odeurs des autres. Exemple classique : passage de lapins suivi d'un passage de renards ! Voici donc sans prétention aucune, quelques-unes de mes observations. Je précise que dans la réalité, il s'agit de petites vidéos d'une durée de 10 à 15 secondes dont j'ai extrait une photo, la moins moche possible de préférence car en fait il s'agit plutôt d'une capture d'écran que d'une photo à proprement parler, d’où la mauvaise qualité des images dont je vous prie de bien vouloir m'excuser. 


Les sangliers

Ce sont de loin les plus courants à passer devant la caméra. Petit florilège. J'ai une vidéo de bagarre entre 2 sangliers, ce qui est assez rare. Une seule en 6 ans. Je n'ai pas pu mettre de photo car le rendu est trop flou à cause des mouvements extrêmement rapides des 2 adversaires. Il y a lieu de préciser ici que certains sangliers voient les leds infrarouges s'allumer quand ils passent devant la caméra et s'enfuient immédiatement. J'ai une nouvelle cam dite "à leds noirs", là c'est tout bon car ils ne voient rien et continuent alors leurs activités en toute décontraction. Un sanglier parcourt en moyenne 50 km par jour pour se nourrir ! Ils se déplacent très souvent en hordes avec femmes et enfants. Les marcassins se tenant plutôt au milieu du troupeau d'adultes, en mode protection.  Bien que la photo suivante soit de mauvaise qualité, je la diffuse quand même pour son intérêt. J'avais repéré une clairière en garrigues où il me semblait, grâce aux déjections et au sol foulé, qu'il y avait un passage potentiel. J'ai posé une cam sur cette petite clairière. Sont arrivés sur les 5 heures du matin une famille avec pas moins de 6 marcassins, le père et la mère. Les petits s'amusent entre eux comme des fous, se donnent des coups de tête, se poursuivent, s'invectivent, se rejoignent, etc. Puis en un instant tous les marcassins se réunissent et courent (comme un seul homme !) vers la laie. Celle-ci s'allonge et "tout le monde à la tétée !" pendant que le mâle continue tranquillement à fouiller le sol de son groin puissant pour en extraire des glands et autres vers de terre.    

                

La fouine  (Ou fouine-martre ?).

Elle suit très souvent la trace des lapins de garenne, et celle d'autres petits mammifères (souris, campagnols). Très agile, elle va partout; sur les toits, dans le lit des ruisseaux, dans les broussailles et les couverts. Y'a pas photo, la fouine, elle fouine ! En voici 2 qui passent, l'une dans une zone sèche, l'autre dans un espace boisé (caméra posée sous les arbres au ras du sol).                    

Une triste anecdote. Nous avions une portée de 5 chatons nouveau-nés semi-sauvages que la mère chatte avait installés dans un carton avec couverture dans le vide sanitaire de la maison. Étant absents, nous avions comme à l'accoutumée mis des croquettes et de l'eau dans le garage qui comporte une chatière. J'avais posé une cam sur les distributeurs. De nuit la mère chatte vint s'y nourrir. Puis quelque peu de temps après, vint une fouine qui manifestement ne s'intéressait pas du tout aux croquettes, mais suivait au nez la trace lactale de la mère chatte. En effet, le lendemain toute la portée de chatons avait disparu du carton. Les lois de la nature sont cruelles pour nous autres hominidés.


Le blaireau 

Voici un autre omnivore souvent carnivore ! Il fouille pour trouver des lombrics, des fruits secs, etc. J'avais posé une cam pas loin d'un terrier pour augmenter statistiquement mes chances d'en avoir un. En voici 2 en pleine recherche de nourriture.               

S'il trouve un cadavre, il se fait volontiers nécrophage. En effet, autre triste anecdote. Nous avions un vieux chat (Garfield) qui, au crépuscule de sa vie, est parti s'isoler pour mourir seul en garrigues. Déjà la veille il avait déserté la maison en toute discrétion. J'avais réussi à le retrouver et à le ramener. Cette nuit-là, il passa devant la cam vers les 22 / 23 heures. Au même endroit moins d’une heure plus tard, en suivant exactement sa trace, passa un blaireau. Je n'ai jamais pu retrouver Garfield.             


Les renards et renardeaux 

Nous sommes encore au cœur de l'hiver. Pas grand-chose à se mettre sous la dent. Voici un renardeau qui vient de nuit se nourrir des graines de tournesol et autres céréales tombées de la mangeoire des oiseaux de l'hiver.                     

Mon voisin avait 5 poules. Je l'avais averti car j'avais vu sur une cam des arrivées massives de renards dans ma cour, de nuit bien entendu. J'ai eu sur cette cam ces renards toutes les nuits jusqu'à ce que la dernière poule eût disparu, et depuis je ne les ai plus jamais revus dans ladite cour !         

Comme déjà dit, ils suivent les traces olfactives de leurs proies. En voici 2 qui passent (dont 1 de jour) (très) peu de temps après un passage de lapins de garenne.            


Les oiseaux            

 Ici en hiver au poste de nourrissage. Les gros-becs et pinsons du nord qui descendent en suivant les isothermes. Puis qui remontent vers le nord quand la température fait de même.

Toute la variété des oiseaux du ciel et des jardins. Mésanges, verdiers, tourterelles, etc.                   

  

Le lapin de garenne 

Des garrigues ! Il a un pelage particulier le garenne des garrigues. Moucheté et tacheté, assez différent des garennes des plaines du nord de la France. En voici 2 dont l'un a essuyé manifestement quelques attaques puisque ses 2 oreilles sont déchiquetées.                

Ici se termine ce petit opuscule sur la pose de caméras animalières dans nos belles garrigues ! Je pourrai encore vous présenter des faisans et poules faisanes, des cailles ou des lézards ocellés, mais il faudrait d'abord que je retrouve ces satanées vidéos dans le fouillis de mes fichiers !!   Gilles Lorillon