Paysages confinés

Date de l'article : 24.07.2020 - 12:00
Auteur : Daniel Arazo
En résumé : Pendant le confinement nous avons proposé aux lecteurs de la Lettre d’info mensuelle des écolos de participer à un petit exercice de “paysages confinés”, à partir de photos envoyées par Daniel Arazo. L’idée était de patienter un peu et de rêver aux grands espaces dont nous étions privés. Plusieurs personnes se sont manifestées et voici ci-dessous l’expression de leurs impressions.
L'article :


Jean paul Salasse

Et la “table” des causses entaillée par les eaux (de la Vis ?) et les canolles fraîches qui sculptent les échines où nous irions chercher la Campanule à belles fleurs.


Hélène 

En Occitanie, la silhouette du far-west est au nord.  Sur les flancs des causses, zigzague une route, peut-être celle parcourue à tombeau ouvert dans la dépanneuse du garagiste de... Ganges.      


Luc David

Apercevez-vous le facteur tatiesque qui dévale le sentier pierreux du penchant avant de l’avaler au retour sous le cagnard? 


Denis Nespoulous
Comme une vallée d’échos entre trois vers de taire, le silence d’avant
Pour oublier d’être seul, et être co’errant, comme fleurons capitulent !
Trois vers mis haut ! défi élément terre du jour d’après !

Jean Burger

Et si on s’envolait ?





Jean paul Salasse

Au pied du Vissou, la capitelle, œuvre “préhistorique” du 19e siècle des “jardiniers” de la garrigue, nous rappelle combien les hommes ont investi ces paysages pour en faire les merveilles que nous admirons aujourd’hui.


Luc David

La vieille bergère que j’y ai rencontrée avait peur, gamine, qu’elle ne lui tombe sur la tête. Qui a eu l’idée saugrenue qu’elle pouvait l’avoir construite?


Mirim Plat

Effectivement, la Nature aime ses semblables (bois, Pierre, terre) qui peuvent s'habiter ensemble pour l'éternité. J'espère qu'un corps étranger (fabrication humaine) ne se pose pas ici . On ne se serait pas comporté dur avec la Nature?  On est en ce moment en face de ce désastre par Covid à son tour…..

Denis Nespoulous
Comme une cabane au bout du monde où s’est réfugiée l’ombre du poète
Pour fuir comme on retrouve, le courage d’espérer, vent debout !
Trois vers mis haut ! dessus des doutes qui séparent hier et demain.

Jean Burger

La capitelle est toujours là, mais où sont passé le figuier pour l’ombre, le petit jardin, la chèvre peut-être, la bouteille au frais et les rires d’enfants ?




Jean paul Salasse

Pendant la dernière guerre, des prisonniers allemands ont été occupés à casser les pierres des plateaux calcaires et à les entasser sur des kilomètres de murettes. 

D’où le petit exercice de mathématiques pour des CM2 confinés : sachant qu’il y a, sur le causse de Sauveplane, 32 kilomètres de murettes, larges de 1,20 m et hautes de 1,4 m et qu’il y a, en moyenne, 10 000 pierres dans un mètre cube de murette, combien les prisonniers ont-ils entassé de pierres?


Hélène 

Là où j’aurai voulu démarrer la journée du 11 mai 2020 

Au lieu de repartir  vers un rythme effréné, 

Vipères aux genêts derrière les mollets, 

Plutôt que trackée par la modernité,

Les murets canalisent les pas 

Mais n’empêchent le regard et l’esprit 

De s’évader vers de nouvelles aventures

Loin des écrans et des murs !  



Luc David

Je me suis toujours demandé: les murets ne sont-ils pas là avant tout pour que les bêtes ne rentrent pas dans les cultures?




 Denis Nespoulous

Comme un chemin de pas qui s’inventent dans les joints de l’opus confinome
Pour rêver comme on agit, quand on sème comme on rugit, coquelic’haut !

Trois vers mis haut ! delà des routes qui ne sont pas des chemins.


Jean Burger

Avez vous déjà éprouvé le plaisir parfait du bâtisseur de murettes :  la lauze qu’on choisit, qu’on pose et qui épouse les autres et ne bouge plus ?