Si vous consommez des plantes sauvages alors prenez de la graine

Date de l'article : 06.04.2020 - 10:00
Auteur : Claude Marco
En résumé : Si vous consommez des plantes sauvages alors prenez de la graine !
L'article :

En ce début du XXIe siècle, on ne peut plus consommer des « plantes alimentaires sauvages », comme au siècle précédent. Car toute cueillette est une prédation qui a un impact négatif sur la préservation de la biodiversité végétale. Cet impact est limité, car le nombre de ramasseurs l’est. Mais ces dernières années il n’a cessé d’augmenter. De plus, certaines espèces ont des répartitions très inégales et l’on ignore quels seront les effets du réchauffement climatique sur leurs populations. La prudence s’impose.

Une cueillette responsable est possible, en appliquant par exemple, les préconisations énoncées dans le chapitre : La nature est notre bien commun, gérons-la avec soin, du livre Les Salades sauvages des Écologistes de l’Euzière.

Mais il est possible d’aller plus loin et d’avoir un impact positif sur les populations cueillies en pratiquant une anthropochorie volontaire (anthropos : homme, chorein : déplacer). Des graines de plantes sauvages, nous en disséminons déjà, mais à notre insu et pour des quantités infimes. Il s’agirait simplement de le faire intentionnellement sur des volumes plus importants et pour des plantes choisies. 


Anthropochorie volontaire :

Il suffit, à partir du mois de juin jusqu’au mois d’octobre, lors de ses balades, d’emporter des sacs en papier pour recueillir des graines.

Et si certaines tombent au sol, aucune importance, vous aurez contribué à sa dissémination sur le lieu-même où elle poussait.


Puis, dans un endroit choisi, les semer.

Pour cela ; désherber au mieux ; griffer superficiellement le sol (un ou deux millimètres) dans tous les sens ; déposer les graines dans les mini sillons obtenus ; frotter la surface du sol avec la main pour les enfouir à proximité immédiate de la surface afin de reproduire les conditions de dissémination spontanée. Et lors de votre prochaine cueillette vous saurez où chercher.


S’intéresser aux plantes consommées en dehors du moment de leur récolte, en particulier quand elles sont en fleurs puis en fruits, permet de découvrir de nouveaux lieux de cueillette et d’éprouver un intérêt nouveau pour elles et leurs conditions de vie. 

Prenez, par exemple, la laitue St-Joseph. Elle ressemble à une « romaine » mais en plus petit, avec des feuilles en moins et une dentelure, située sur le dos de la nervure centrale, en plus. Vous pourrez observer que la tige qui a poussé à la fin de la saison où on la cueille, s’orne de feuilles plus coriaces et dentées. Et lorsque le soleil devient plus chaud, ses feuilles pivotent pour devenir verticales et, si aucun obstacle ne leur fait de l’ombre, dans une direction préférentielle nord-sud. Puis de minuscules fleurs jaunes apparaissent, se fanent et donnent naissance à des aigrettes blanches que vous récolterez en début de matinée, avant qu’elles ne s’envolent au moindre souffle d’air. À la base de ces aigrettes se trouve l’akène que vous pourrez récolter pour le semer.



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