Un sentier en bordure d'Hérault

Date de l'article : 21.03.2019 - 03:00
Auteur : Daniel Arazo
En résumé : Il existe un cheminement en impasse sur la rive gauche de l'Hérault qu'il est possible d'emprunter à partir de l'église romane de St­ Étienne­d'Issensac. Il s'agit d'un agréable aller­ retour de trois kilomètres, particulièrement intéressant pour les amoureux de la nature.
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Dans un premier temps, c'est le passage d'une ancienne gravière avec possibilité de s'approcher de l'eau et d'une zone de dépôt de galets aux couleurs les plus variées. Ils nous expliquent la nature géologique des terrains traversés par le fleuve depuis le pied de l'Aigoual. Comme il s'agit d'une zone d'expansion des crues, le chemin en retrait est ici bordé d'un manteau de matériaux de fine granulométrie. Au début du sentier, la ripisylve est assez claire, constituée de feuillus et d'arbustes à feuilles persistantes. Un peu plus loin, à partir d'une petite croisée avec des accès à la berge, on évolue dans une frondaison bien plus épaisse.

L'importance de l'avifaune

Dès la fin mars, on peut apercevoir quelques vols migratoires de milans noirs. Puis, au fur et à mesure de l'avancée du printemps, on y entend le chant de nombreux oiseaux que l'on peut aussi parfois observer si l'on sait être discret. Parmi ceux-ci, entre autres, on trouve le pipit farlouse, la bergeronnette des ruisseaux, l'hypolaïs polyglotte, la bouscarle de Cetti, le troglodyte mignon, le pipit rousseline, le rossignol philomèle... On peut aussi y observer le martinet noir ainsi que le martinet à ventre blanc du fait de la présence de falaises proches. On est surpris parfois aussi par le passage d'un héron cendré ou d'un martin-pêcheur.

Une végétation exubérante

En continuant vers l'aval sur cet axe devenant étroit et touffu, on rencontre les arbres traditionnellement en bordure de cours d'eau. Citons le hêtre, le frêne, l'orme, plusieurs espèces d'érables... On est également surpris par l'importance que prennent les espèces végétales classées invasives : l'érable négundo, la renouée du Japon, le topinambour, le phytolaque (raisin d'Amérique)... Et dans les zones d'eaux calmes, on observe la jussie, le paspale dilaté et le paspale distique (chiendent d'eau).

Une biodiversité remarquable

Vers la fin du sentier, on longe des terrains inondables sur lesquels se déposent des troncs d'arbres véhiculés par l'eau. Ce lieu quelque peu fantastique connaît une forte présence animale. Outre les oiseaux, on peut y observer reptiles, insectes, myriapodes, arachnides qui font la joie des naturalistes, mais aussi des traces de mammifères (sangliers, renards...) qui viennent se désaltérer sur la rive. Au bout du chemin, le fleuve s'élargit non loin du confluent avec le Lamalou. Ici, c'est le retour qui permet une vision différente de cet environnement. La visite du site de l'église romane est particulièrement intéressante. Le pont médiéval d'Issensac, construit sur le point le plus étroit du val d'Hérault, vaut le coup d'œil. Comment y aller ? De Montpellier, par la D 986 direction Ganges. Peu avant le col de la Cardonille, prendre à gauche la D 1 jusqu'à Issensac. Se garer sur le terre-plein en contrebas de l'église.




Daniel Arazo, la connaissance et le respect du milieu naturel ont toujours été un moteur essentiel pour moi. J’essaie de les transmettre dans les activités associatives que je mène et dans les “balades” que je propose chaque semaine dans la “Gazette de Montpellier”.