Une forêt tolérante au feu, au Clos Gaillard, Nîmes

Sortie de terrain "samedi buissonnier" animé par Pierre Rutten et Benoît Garrone
Le Clos Gaillard, lieu de promenade et propriété de la Ville de Nîmes s’étend sur 350 ha, dont 128 ha ont brûlé dans un incendie en 1989 (qui avait touché un total de 670 ha). Le site, déjà aménagé pour l’accueil des citadins à la recherche d’un après-midi "au vert", mérite d’être connu au-delà de l’Agglomération de Nîmes, tant pour son sentier d’interprétation que pour ses plantations d’arbres.
Le thème d’une forêt tolérante au feu nous a été raconté par Pierre Rutten (pédologue), un homme de terrain avec quelques années d’expérience sur le sujet et co-auteur de 2 chapitres du livre "Le feu dans la nature" (éditions Ecologistes de l’Euzière, 2004). Il nous a permis une rencontre avec plusieurs espèces d’arbres, avec des renseignements sur les particularités de chaque espèce, leur résistance au feu et leurs qualités d’adaptation à cet endroit. Sur un socle calcaire (mais avec des populations de Bruyère qui nous font penser à une décalcification du sol par endroits), les plantations de 15 ans n’ont pas encore transformé l’horizon bas des ces collines de Chênes vert et kermès... mais on imagine bien que ça va changer d’ici quelques années.
La présentation des différentes espèces a commencé par les Pins d’Alep : une espèce peu recommandable sur le plan de la résistance au feu, même avec un coffre fort ignifuge. Benoît Garrone (botaniste et fondateur des Ecologistes de l’Euzière) nous a appris, devant cet arbre à feuillage persistant, comment observer sur un rameau la durée de vie de ses aiguilles (jusqu’à 3 ans pour le Languedoc, en Provence c’est 4 - 5 ans).

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Le Calocèdre se comporte mieux sur les zones rocheuses. Son bois, qui ne travaille plus une fois sec, est très recherché pour diverses fabrications ; des crayons aux traverses de chemin de fer...






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Les Sapins de Céphalonie qui ont démarré lentement devront atteindre une plus grande vitesse de croissance prochainement. Ici, plusieurs individus ont péri, notamment ceux qui ont bourgeonné précocément. Cet arbre présente l’avantage de supporter le semis en pleine lumière ou à l’ombre.










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Les Pins de Salzmann (les Pins noirs méditerranéens, voir photo) ont bien pris. Quelques pieds de Pin à bois lourd au bord du chemin (les aiguilles sont attachées par groupes de 3).







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Les Cyprès d’Arizona ont déjà plusieurs mètres : ils présentent des variations de silhouette entre des formes horizontale (ou étalé) et fastigiée (en fuseau) tout comme les Cyprès vert qui se retrouvent à côté. Ces arbres ont bien résisté au feu (ou plus précisément, le front des flammes est passé juste à côté), et plusieurs ont résisté au poids des engins "rippeurs" (40 tonnes) qui ont préparé le sol en sillonnant à travers les roches, afin de frayer un passage pour les racines.
Sur la question de l’arrosage, M. Rutten nous a admis que ce sera peut-être mieux d’accorder quelques litres d’eau lors des prochaines plantations : ici, on a planté à sec !


Quelques Pins parasol centenaires ont traversé maints épisodes stressants depuis leur plantation par Georges Fabre : les plaques rouges d’écorce portaient des bords carbonisés en témoin du dernier feu, mais le houppier vert et dense avait été épargné par les flammes.




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Pierre Rutten nous a présenté quelques grands Cèdres de Liban, de plus de cent ans, qui ont été entièrement brûlés, mais qui ont repris leur croissance quelques années après. En regardant de près, on nous a signalé l’interruption dans l’épaisseur des rameaux (des gros rameaux se terminant par des toutes petites brindilles), un phénomène démontré par un Chêne blanc au bord du chemin.

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Le même phénomène a été vu sur des grands individus du Pin noir d’Autriche, qui ont gardé d’autres signes du passage du feu (des ramifications atypiques du tronc et l’absence de la couche extérieure d’écorce).
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A la question de l’entretien, on nous a raconté les mérites du débroussaillage animal, surtout les chevaux et / ou les grands ânes, qui débroussaillent jusqu’à une hauteur de 2 mètres, se défendent bien des chiens errants et requièrent un moindre investissement en clôtures et points d’eau... à condition de ne pas dépasser une densité de 1 ou 1,5 animaux pour 20 hectares de garrigue.
L’équipe de Pierre Rutten a aussi planté des feuillus sur Le Clos Gaillard, mais cette sortie hivernale a privilégié l’observation des résineux. Ce site est un laboratoire végétal à grande échelle qui nous a été rendu "lisible" par un expert, Pierre Rutten, et ses échanges avec Benoît Garrone ont rajouté à la qualité de la sortie.

John Walsh, le 17-01-05, au Clos Gaillard (au Nord-Ouest de Nîmes, sur la RD 907, à 5 km du croisement avec le N109).
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