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Glossaire du figuier

N.B. : Ce glossaire vise à définir des termes de botanique et de génétique, spéciaux ou non au figuier, même s’ils n’ont pas été employés dans cet ouvrage, mais figurant dans la littérature internationale consacrée au sujet.
Notre édition est en vente en ligne, ou à l’association Les Ecologistes de l’Euzière, domaine de Restinclières, 34730 Prades-le-Lez.


A.D.N. : acide désoxyribonucléique ; substance dont la molécule, en double hélice très longue, est le support de l’information génétique*.

Allèle : voir gène*.

Bourgeon à bois : à l’aisselle de chaque feuille du rameau adulte, un petit renflement, le bourgeon à bois, est susceptible de se développer pour donner un rameau : en fait, c’est un rameau en réduction, où les ébauches de tout ce qui constitue un rameau sont déjà visibles au microscope.

Bourgeon à figue : à l’aisselle de chaque feuille du bourgeon à bois, se trouve un petit massif cellulaire, qui est l’ébauche d’un autre bourgeon à bois et, si le premier bourgeon à bois appartient à un rameau adulte, un bourgeon à figue. Le bourgeon à figue de la première feuille du bourgeon à bois, le plus souvent, se développe en figue, alors que le bourgeon à bois dont il dépend ne se développe pas. Parfois, ce sont les bourgeons à figue des deux, voire des trois premières feuilles du bourgeon à bois qui se développent en figues.

Breba : nom employé, dans certaines régions de l’Italie et dans certains ouvrages de CoffreFort, pour désigner ce qui a été appelé ici figue fleur.

Calice : enveloppe externe de la fleur, formée de sépales.

Caprifiguier : synonyme de figuier mâle.

Chromosome : l’information génétique* est, en grande partie, contenue dans le noyau de la cellule, où son support matériel (l’A.D.N.*) est réparti en un certain nombre de portions, les chromosomes, que l’on peut parfois identifier et observer au microscope. Ce nombre est constant pour la lignée à laquelle appartient l’individu : il est de 46 pour l’homme, de 8 pour la mouche drosophile, de 26 pour le figuier.

Clone : voir zygote*.

Espèce : c’est ce qui, en Sciences Naturelles, est nommé par deux mots latins suivis d’une lettre ou d’un groupe de lettres et de signes souvent appelés "auteur". C’est Linné qui, à une époque où la seule langue internationale possible était le latin, a eu l’idée d’identifier les organismes vivants "per genus proximum et differentiam specificam" : "par le genre le plus voisin et par la différence spécifique". Le premier mot latin est donc le genre auquel appartient l’espèce ainsi que toutes celles qui lui ressemblent assez. Il prend toujours une majuscule. Le second sert d’adjectif et précise l’espèce. Il s’écrit avec une minuscule. "L’auteur" désigne, de façon codée, le naturaliste responsable de la dénomination ; il y en a parfois plusieurs, qui ont travaillé ensemble ou successivement. Les systématiciens veulent dire, par l’emploi de ce troisième élément, que nommer une espèce est un travail difficile qui peut donner lieu à révision et à contestation, à mesure que les recherches progressent ; qu’il n’y a pas de définition objective et universellement satisfaisante de l’espèce et que celle-ci est, finalement, dans chaque cas, ce que le spécialiste du groupe que l’on considère comme compétent estime être une espèce. Cependant, pour beaucoup d’organismes, surtout parmi ceux, proches de l’homme ou importants pour lui, qui sont les mieux connus, un accord a pu être assez rapidement réalisé. Linné lui-même est parvenu à nommer beaucoup d’espèces qui n’ont jamais été sérieusement contestées. Aussi le "binôme" latin est-il souvent suivi de la seule lettre L, comme dans les cas de Ficus carica L et de Blastophaga psenes L. On peut donc admettre que, même si nous sommes encore loin de pouvoir nommer toutes les espèces de façon incontestable, faute de connaissances, même si, dans certains cas, l’utilisation du concept d’espèce est impossible ou absurde, il existe bien un niveau où une information génétique suffisamment cohérente permet de désigner des ensembles d’êtres vivants génétiquement distincts mais se ressemblant néanmoins assez entre eux et assez différents des autres pour que nous puissions utilement les désigner, les étudier et nous en servir en tant qu’ensembles. Cette cohérence se perçoit à tous les points de vue, morphologique, génétique, écologique, culturel, voire technologique ou commercial. C’est elle qui donne sa validité à l’espèce ; si elle disparaît, l’espèce disparaît aussi.

Etamines : organes mâles de la fleur comprenant l’anthère et le filet et produisant du pollen*.

Figue : organe de la reproduction sexuée chez toutes les espèces du genre Ficus. Synonyme : sycone.

Figue fleur : figue retardée du figuier femelle ; n’est jamais fécondée, faute de pollen en temps voulu ; ne peut donc mûrir que par parthénocarpie. Synonyme : breba.

Figue non retardée : figue dont la réceptivité se produit avant la chute automnale de la feuille à l’aisselle de laquelle elle a pris naissance. C’est le cas des figues comestibles de la récolte dite "principale", mûres en octobre. C’est aussi le cas des mamme*.

Figue retardée : figue qui se trouve à l’état de bourgeon quand tombe, en automne, la feuille à l’aisselle de laquelle elle se trouve. Elle atteint la réceptivité par la suite. A fortiori, elle ne peut arriver au stade de maturité que dans une partie défeuillée de la branche. Les figues fleurs* et les figues pollinisatrices sont des figues retardées.

Figue réceptive : figue verte, odorante, pourvue de fleurs femelles prêtes à recevoir le pollen.

Figue domestique : synonyme de figuier femelle.

Figuier femelle : arbre dont les fleurs femelles ont des styles longs. Produit les figues comestibles de la récolte principale, en automne (à graines fécondées) et, dans certains cas, des figues fleurs* (à graines stériles).

Figuier mâle : arbre dont les fleurs femelles ont des styles courts. Produit les figues pollinisatrices, figues retardées qui libèrent le blastophage en juillet, et les mamme*, figues non retardées qui assurent la survie du blastophage en hiver et le libèrent en mai, quand les figues retardées sont réceptives. Synonyme : caprifiguier.

Galle : prolifération de tissus végétaux due à l’action de divers organismes extérieurs. Dans le cas du figuier, il s’agit de la fleur dans laquelle un uf a été déposé par le blastophage ou l’un des hyménoptères associés (en France, le Philotrypesis) et où une larve évolue vers le stade adulte. Les fleurs femelles d’une même figue ont toutes les mêmes potentialités et peuvent toutes évoluer en fruits ou en galles, suivant les cas.

Gamètes : cellules sexuelles. Deux gamètes s’unissent au cours de la fécondation pour donner le zygote*, qui, de ce fait, a deux fois plus de chromosomes* que le gamète. Quand une espèce produit de gros gamètes et de petits gamètes, les gros sont appelés gamètes femelles, les petits gamètes mâles. Chez les végétaux supérieurs, le gamète femelle se trouve dans l’ovule, le gamète mâle dans le grain de pollen, libéré par l’anthère. Le zygote* peut se diviser pour donner un clone de cellules génétiquement identiques à lui (ce clone peut être l’individu dans le cas des organismes pluricellulaires) et certaines de ces cellules subissent une division particulière, dite réductrice (ou méiose). Cette division aboutit à la formation de nouveaux gamètes, dont le nombre de chromosomes est la moitié de celui du zygote.

Gène : la plus petite unité d’information génétique ayant un sens en elle-même, occupant, sur le chromosome, un emplacement fixe ou locus. Biochimiquement, l’information d’un gène est portée par une chaîne de quelques centaines de molécules de mononucléotides, composés qui peuvent être de quatre sortes (désignées en biologie moléculaire par les initiales de leur nom A, T, C et G). La façon dont ces molécules se suivent constitue un message (quatre signes, c’est plus qu’il ne faut pour écrire n’importe quoi : le langage informatique n’en comporte que deux). Ce message est recopié au cours de la division cellulaire, d’une part (et c’est ce qui fait qu’il est génétique). D’autre part, l’information qu’il contient est utilisée par la machinerie cellulaire pour construire les molécules complexes dont l’organisme a besoin pour fonctionner, en particulier les quelques milliers d’enzymes, catalyseurs protéiques qui permettent aux réactions métaboliques de s’effectuer. Les gènes, pour la plupart d’entre eux, sont ainsi, chacun, responsables de la description d’une enzyme déterminée. Ceci étant, les gènes sont tous définis comme étant des unités d’information utiles à la cellule. Or, on a découvert récemment qu’une grande partie de l’information génétique ne produit aucune molécule utile au fonctionnement cellulaire. On n’est fixé ni sur les raisons de son existence ni sur son rôle éventuel mais il ne semble pas qu’elle intervienne dans l’évolution. Celle-ci résulte du fait qu’un gène n’est pas toujours recopié exactement. Il peut subir une mutation, dont l’effet est de le transformer en un autre gène, dit allèle du premier, qui, par son origine même, occupe le même locus*. Suivant qu’il est plus ou moins favorable, ce nouveau gène est conservé ou éliminé par la sélection naturelle. La "théorie synthétique" (souvent appelée, un peu abusivement, néo-Darwinisme) consiste à admettre que l’évolution résulte de la sélection naturelle agissant sur la variabilité génétique amenée par la mutation.

Génotype : au sens strict, c’est l’ensemble des gènes se trouvant en un locus*. Si, par exemple, la longueur du style du figuier résulte de l’effet de deux gènes allèles A et a , dont chacun peut se trouver dans l’un des gamètes parents, il y a trois génotypes possibles pour le locus* qu’ils occupent : AA, Aa et aa. Le mot génotype est, cependant, employé dans un sens plus large pour désigner la totalité de l’information génétique d’un individu, donc, en bonne logique, les génotypes, au sens strict, en chacun des quelques milliers de loci qui font partie de cette information.

Information génétique : c’est l’information portée par des molécules particulières, les acides nucléiques (chaînes linéaires de mononucléotides - cf. gène*) et dont la reproduction est à l’origine de l’existence des êtres vivants. L’expression est souvent employée comme synonyme du mot génotype au sens large.

Locus : (pluriel : locus ou loci, la littérature internationale utilisant plutôt cette deuxième manière). Voir gène*.

Mamme : figues non retardées de figuier mâle, qui conservent le blastophage au cours de l’hiver, à l’état de larves parvenues au dernier stade de leur développement larvaire, et libèrent les adultes au printemps. Le mot peut être utilisé, ailleurs que dans le présent ouvrage, pour toutes les figues non retardées du figuier mâle, y compris celles qui, n’ayant pas été visitées, sont tombées au cours de l’été. Le terme "mamme", d’origine italienne, est invariable.

Mammoni : nous utilisons exclusivement ce mot pour désigner les figues non retardées de figuier mâle qui, sur certains arbres exceptionnels, au cours d’années exceptionnelles ou encore par suite de la section d’un rameau de l’année survenue en mai ou juin, se développent et atteignent la réceptivité à peu près comme les figues non retardées du figuier femelle, parfois même un peu plus tôt. La littérature internationale l’emploie parfois dans le même sens mais aussi, sans trop faire la différence, à propos des premières figues non retardées apparaissant normalement sur tous les arbres mâles. Dans notre région, ces dernières figues sont, précisément, les seules à donner ce que nous appelons les mamme*. Dans les régions plus chaudes, il y a plus d’une génération estivale de blastophages et certains auteurs utilisent le mot pour désigner les différentes récoltes de figues abritant les générations d’insectes intermédiaires entre celle des figues retardées et celle des mamme*.

Maturité : stade du gonflement et du ramollissement des tissus du réceptacle qui suit le palier de dimension commençant à la réceptivité. Ce stade est celui où le pollen est mûr et où les galles libèrent les blastophages adultes dans les figues retardées du figuier mâle. C’est celui où les graines sont devenues capables de germer chez les figues non retardées du figuier femelle. Chez les figues non retardées du figuier mâle qui ont été visitées par les blastophages sortant des figues retardées, la maturité du peu de pollen présent et la libération des blastophages ne sont généralement pas simultanées.

Mutation : toute transformation de l’information génétique, ayant pour origine soit une erreur de copie (par exemple, remplacement d’un mononucléotide par un autre dans la séquence constituant un gène), soit un remaniement intervenu dans une séquence (par exemple changement de position d’un segment). La redistribution des allèles sur les chromosomes, ou recombinaison, en est, en principe, distincte, encore que l’on tende de plus en plus à considérer que cette distinction est difficile à maintenir. Inhérente au fonctionnement du matériel héréditaire, la mutation se produit spontanément, du seul fait de l’oscillation moléculaire ; sa fréquence est variable avec l’intensité de cette oscillation et peut donc augmenter sous l’effet de divers agents physiques ou chimiques. Comme on peut s’y attendre s’agissant d’une erreur, ses effets sont généralement défavorables. La variabilité héréditaire, c’est à dire le fait que les êtres vivants ne sont pas tous porteurs de la même information génétique, a des causes multiples mais n’existerait pas (non plus, a fortiori, que l’évolution), sans la mutation (voir gène*).

Niche écologique : "concept situant la place et le rôle d’une espèce dans un écosystème (c’est-à-dire à la fois son habitat, son régime alimentaire, ses rythmes d’activité, ses relations avec les autres espèces)". In Fischesser & Dupuis-Tate "Le guide illustré de l’écologie". Editions de la Martinière, 1996.

Ostiole : ouverture située à la partie de la figue opposée au pédoncule, faisant communiquer l’intérieur du réceptacle avec l’extérieur et permettant au blastophage nouvellement éclos d’en sortir facilement, à maturité. Auparavant, l’ouverture est hermétiquement fermée par des bractées (dites ostiolaires) que les femelles qui visitent la figue réceptive doivent écarter pour entrer.

Ovaire : partie renflée de l’organe femelle de la fleur. A maturité, elle constitue le véritable fruit de la figue.

Ovipositeur : organe de ponte de certains insectes.

Ovule : structure renfermant le gamète femelle. Chez la figue, il n’y a qu’un ovule par fleur. S’il est fécondé, il évolue en graine, à maturité.

Parthénocarpie : beaucoup de fruits (bananes, agrumes divers) se développent et mûrissent sans qu’il y ait eu fécondation : c’est la parthénocarpie, qui existe chez le figuier chaque fois qu’il y a production de figues fleurs, parfois aussi pour la récolte normale.

Phénologie : étude du déroulement dans le temps des différents stades de la vie végétative et reproductrice des êtres vivants.

Pistil (ou gynécée) : c’est l’ensemble de l’organe femelle de la fleur : ovaire, style et stigmate.

Pollen : ensemble de 2 ou 3 cellules produisant les gamètes mâles (contenu dans l’anthère des étamines).

Population : ensemble d’individus de la même espèce se reproduisant effectivement entre eux par voie sexuée.

Profichi : figue retardée du figuier mâle (libérant les blastophages pollinisateurs).

Réceptacle : organe plus ou moins charnu sur lequel sont disposés des fleurs, des fruits, des graines, etc Dans le cas du figuier, le mot est souvent employé pour désigner la figue elle-même, bien qu’en bonne logique, le réceptacle ne soit que la partie extérieure, charnue à maturité, de la structure à l’intérieur de laquelle sont fixées les fleurs.

Réceptivité : stade atteint lorsque les fleurs femelles sont susceptibles d’être fécondées. C’est donc un stade femelle. Le développement de la figue à partir du bourgeon marque, à ce stade, un palier de dimension, qui durera jusqu’à la maturité. Ceci vaut pour toutes les figues, retardées ou non, des arbres mâles ou femelles. Au stade de la réceptivité, les fleurs mâles sont encore à l’état d’ébauches et les étamines ne sont que de petites pièces dont il n’est guère possible de dire, même après examen au microscope, si elles sont fertiles ou non.

Stigmate : partie élargie terminant le style, sur laquelle est déposé le pollen.

Stipule : pièce foliaire enveloppant le bourgeon. Il y a deux stipules chez le figuier et, quand le bourgeon se développe, elles s’écartent et tombent, laissant apparaître l’entre-nud en voie de croissance, terminé par la feuille et le nouveau bourgeon entouré de ses deux stipules. Elles tombent ensuite, laissant autour du rameau, au-dessus de la feuille, une "cicatrice stipulaire".

Style : organe allongé, creux dans le cas des fleurs du figuier, surmontant l’ovaire, par lequel passe le tube émis par le grain de pollen et convoyant le gamète mâle jusqu’au gamète femelle.

Sycone : dérivé du mot grec signifiant figue, sycone en est exactement synonyme : il n’y a pas de sycone autre que les fructifications des Ficus et tous les Ficus portent des figues - ou sycones. Le mot ne fait donc que traduire le désir des botanistes de disposer d’un vocabulaire ésotérique qui leur soit propre. Qui est sans péché ? Dans la littérature scientifique anglo-saxonne, figue se traduit par "syconium", le mot "fig" désignant généralement le figuier (ou autre Ficus). Dès lors, et encore qu’il soit vraisemblable que personne n’est prêt à manger des sycones, que ce soit en français ou en anglais, l’emploi du mot savant est quelque peu justifié.

Symbiose : association entre deux organismes différents dans laquelle les avantages et les inconvénients sont équilibrés.

Zygote : synonyme d"oeuf". Cellule résultant de l’union de deux gamètes. La constitution génétique des gamètes étant toujours plus ou moins variable, le zygote possède toujours un génotype inédit jusque là. Ses divisions équationnelles successives donnent des cellules reproduisant exactement, cette fois, son génotype. (Seule, la division réductionnelle, ou méiose, donne des cellules différentes, les gamètes). L’ensemble des cellules issues de divisions équationnelles constitue un clone. Dans le cas d’un organisme multicellulaire, le clone peut se limiter à un individu ou, si la reproduction végétative est possible, constituer un ensemble d’individus génétiquement identiques. A cet ensemble, dans le cas des arbres fruitiers cultivés multipliés végétativement par l’homme, on donne le nom de variété.
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