Grippe aviaire et sorties pedagogiques : la decouverte sur le terrain continue !


Note : ce texte, rédigé lors d'une période de crainte de la grippe aviaire H5N1 dans les années 2000 (2004 ou 2005), fait référence à un site internet dont le contenu a changé mais qui reste intéressant et en lien avec la problématique. On pourra consulter aussi http://www.risques.gouv.fr/sites/default/files/upload/sdgsnplan_pandemiegrippale_octobre_2011.pdf

La grippe aviaire, détectée récemment en France chez des oiseaux sauvages, suscite des craintes dans le milieu enseignant en ce qui concerne l’organisation de sorties pédagogiques dans la nature.

Les Ecologistes de l’Euzière souhaitent contribuer à une prise en compte sereine de ce problème, en faisant le point sur la probabilité de voir un individu humain contracter la maladie à l’occasion d’une sortie dans la nature, et en prenant le parti de poursuivre leur action pédagogique de terrain.

1 - La contamination de l’homme est liée au contact prolongé avec des élevages contaminés.
Le site d’information sur la grippe aviaire mis en place par le gouvernement (http://www.grippeaviaire.gouv.fr/) donne des informations actualisées et fort bien documentées sur la maladie. Le texte suivant, qui en est extrait, présente les modes de contamination et permet de mesurer les risques aujourd’hui encourus par la population Française sur le territoire métropolitain .

« La contamination est aérienne et se fait essentiellement lors de contacts étroits, prolongés et répétés dans des espaces confinés avec des sécrétions respiratoires ou des déjections d’animaux infectés, par voie directe ou indirecte (surfaces et/ou mains souillées par les déjections).

Dans les pays touchés, aucune personne n’a été infectée sans avoir été en contact étroit avec des oiseaux malades. La consommation de viandes de volaille seule, sans un contact avec des oiseaux malades, n’a jamais été associée à une contamination de l’homme.
...
Les personnes les plus exposées au risque d’infection par le virus aviaire sont celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée : • les éleveurs et leur famille quand elles résident à proximité des élevages, • les techniciens de coopératives et les vétérinaires, • les techniciens et vétérinaires des services, • les équipes de dépeuplement (personnels qui collectent les volailles vivantes avant euthanasie ou mortes après l’euthanasie, et les carcasses), • les équipes d’euthanasie qui manipulent le matériel spécifique, • les équipes de nettoyage et de désinfection, • les équipes d’intervention et de ramassage des carcasses (équarrisseurs), • et le personnel technique des laboratoires de diagnostic et de recherche.
Sources : Ministère de la Santé et des Solidarités - AFSSA »

2 - Les probabilités de contact avec un oiseau sauvage contaminé ou ses excréments sont quasi-nulles.
Dire que le risque de contact avec un oiseau sauvage contaminé (ou ses excréments) est nul serait scientifiquement faux. Cependant, ce risque est plus que minime. De simples mesures de bon sens et d’hygiène (ne pas toucher un oiseau - voire un mammifère - mort, se laver les mains après la sortie...) suffisent à minimiser encore ces probabilités. Le degré de risque est quasi-nul et bien inférieur à celui qui est pris chaque fois qu’une personne monte dans une voiture pour se rendre sur son lieu de travail, chez son boulanger...

3 - Les Ecologistes de l’Euzière continuent leur action pédagogique fondée sur la curiosité, le plaisir de la découverte et l’apprentissage de la raison plutôt que sur la crainte irrationnelle et l’inaction qu’elle pourrait inspirer.
Il est urgent de rassurer et d’accompagner enfants, ados, adultes dans la compréhension du monde qui nous entoure, avec ses risques. Si la grippe aviaire parvient à se propager entre individus humains (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), il est très probable que les morts seront nombreux. Les enjeux éducatifs seront ceux qui concourront à diffuser les mesures de prévention et de soins auprès des enfants et de leur famille.

Aujourd’hui, les enjeux éducatifs ne sont pas liés au fait de ne pas sortir dans la nature mais au fait d’assumer des positions responsables auprès de ces enfants et de ces familles. La société de refus du risque que nous bâtissons chaque jour un peu plus est-elle une société responsable ?
Pour une pédagogie assumée. Pour une éducation argumentée. Pour une école de la vie !
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