Les serpents, les hommes et la Nature


« Tu crois pouvoir écraser cette chenille ? Bien, c’est fait : ce n’était pas difficile. Bien, maintenant, refais la chenille... » (Lanza del Vasto [1])

Je réagis sur le cas de cette inoffensive et malheureuse petite Coronelle girondine, Coronella girondica, qui, malgré l’interdiction, par arrêté ministériel, de tuer les serpents, a été coupée en deux, parce que victime des préjugés qui sévissent à l’encontre de ces animaux.

La Coronelle girondine, appelée aussi Couleuvre girondine, est un petit serpent (longueur totale maximale, 96 cm, souvent beaucoup moins) assez fin et aux écailles lisses, discret, indolent, dépourvu d’ « agressivité », et de mœurs le plus souvent crépusculaires, voire nocturnes. C’est également le serpent qui s’accommode le mieux de la présence humaine et il est ainsi, avec le Lézard des murailles (Podarcis muralis) et la Tarente commune (Tarentola mauritanica, un gecko visible par temps assez chauds la nuit sur les murs), le seul reptile parvenant à survivre encore dans l’agglomération de Montpellier (Philippe Geniez, communication personnelle). De ce fait, c’est presque toujours elle qui est tuée près des habitations par des personnes persuadées qu’il s’agit d’une vipère, pourtant absente des proches environs de Montpellier.

Elle n’est, hélas, pas le seul serpent à être victime depuis le début des années 1970 d’une activité humaine inconsidérée (notamment rouler systématiquement en voiture sans se soucier des conséquences dans un environnement où rien n’est fait pour éviter les très nombreuses victimes animales en tout genre). Depuis une semaine, je cherche à sauver une Couleuvre de Montpellier, Malpolon monspessulanus, un beau spécimen mâle d’1,50m, lequel, sérieusement blessé à la tête, m’a été remis par un vétérinaire afin que je continue de le soigner... Je passerai ici sur les trop nombreux autres exemples qu’il m’a été donné, hélas, de constater en France, en Espagne, au Maroc... Bien sûr, bien d’autres animaux appartenant à des classes zoologiques diverses sont également victimes de la cruauté, de l’ignorance et/ou de l’indifférence humaine et surtout de ce droit que se sont arbitrairement octroyés les hommes, appartenant notamment aux cultures monothéistes, de décider de quelle espèce peut vivre ou mourir.

A propos de ces dernières « cultures » (un bien beau mot en regard des destructions occasionnées...), je ne résiste pas à l’envie de citer ce grand scientifique et penseur qu’était Théodore Monod, lequel écrivait : « les trois grands monothéismes, judaïsme, christianisme et islam [...] ont tous trois mis en avant le dogme de la royauté de l’homme sur l’ensemble de la Création. L’homme est le roi, elle a été créée pour lui, ou presque, pour son profit ou pour son plaisir. C’est l’anthropocentrisme des Ecritures. Pour comprendre un peu mieux les choses, il faut en réalité revenir à l’Ancien Testament, parce qu’il s’y trouve un verset que je cite souvent et qui est à mon avis particulièrement affreux. Il s’agit du verset 2 du chapitre IX de la Genèse. Nous sommes après le déluge, Noé et sa famille ont débarqué, et le verset 2 dit : « Soyez la terreur des êtres vivants. » Après quelques considérations sur la possibilité d’interpréter cette phrase comme la constatation d’un simple fait, Monod rétorque : « [...] mais juste avant le verset 2 se trouve le verset 1, formulé sans ambiguïté : « croissez et multipliez. » Il semble vraiment qu’il s’agisse d’un impératif, c’est un ordre de la divinité, et celui-là n’a été que trop bien appliqué. Je crains que le verset 2 ne soit, lui aussi, un impératif et que ce terrible commandement ne doive être considéré comme une injonction. » (Isabelle Jarry, Théodore Monod, Ed. Payot, Paris 2001, pp. 235-236).

Il est connu également que dans ces cultures, le serpent est un être maléfique, si ce n’est même un envoyé du diable ! Et là, on peut retrouver l’une des racines principales, sinon la principale, de la peur du serpent. Il faut le préciser tout de suite, la peur du serpent n’est pas « instinctive », « innée », « naturelle » chez l’homme. Tous les hommes sur terre ne cherchent pas à anéantir les serpents. Ainsi, un français qui avait eu la chance de participer à une chasse naturelle de Bushmens au Kalahari racontait-il qu’à un certain moment ceux-ci s’arrêtèrent pour lui montrer un serpent arboricole, se trouvant à hauteur d’homme, sans manifester de peur irrationnelle, sans tenter comme ça se fait ailleurs en poussant des cris d’hystérie de tuer le serpent, se contentant posément de montrer l’animal à ce Blanc qui les accompagnait...

Un bébé, mais aussi un tout petit enfant n’auront aucune peur de ces animaux. Visitant le zoo de Moscou, avec ma femme et sa nièce de 8 ans, j’ai pu, il y a peu encore, vérifier cela. Un gros serpent d’1,70 m environ se trouvait posé sur un banc, afin que les gens puissent le voir. La petite fille qui n’avait jamais vu de serpents de sa vie, et surtout n’en avait jamais touché, avait été informée par une seule phrase : « C’est un python molure, ce serpent n’est pas dangereux... » L’indication lui suffit. Elle se dirigea sans hésitations vers le paisible animal et le caressa doucement et lui soutenant délicatement la tête, elle l’aida à se mouvoir, à ne pas tomber de son banc, expliquant de sa propre initiative aux autres enfants qui n’avaient peut-être pas eu la chance d’avoir des parents dépourvus de phobies : « Il n’est pas dangereux, ne lui faites pas mal, faites attention à sa tête... » La peur est transmise socialement et elle est irrationnelle. Notamment quand elle se rapporte au serpent, au singulier. C’est-à-dire indépendamment de savoir si un serpent concret est (potentiellement) dangereux ou non.

Souvent, très souvent, le serpent est perçu à tort comme un non-animal, un être visqueux et froid, et cela, sans considération du fait que ces reptiles ont des écailles (ne fait-on pas, hélas [2], des ceintures, des chaussures, des sacs en peau de serpent ?) et qu’ils sont à température variable. C’est-à-dire que la température de leur sang n’est pas constante et qu’ils doivent la réguler, tantôt en recherchant une source de chaleur, tantôt en s’éloignant de celle-ci. On ignore alors - ce qui devrait être mieux enseigné dans les écoles (je suis d’ailleurs farouchement partisan pour que l’écologie soit enseignée en tant qu’une des matières principales [3]) - que les serpents sont des reptiles, lesquels par conséquent sont des vertébrés. Ils possèdent une colonne vertébrale, des vertèbres et des côtes. On ignore trop souvent qu’ils possèdent un cerveau, un cœur, des poumons (dont chez la plupart des espèces, seul le droit est vraiment développé, le gauche étant très réduit, voire atrophié...), un foie, un estomac, un intestin grêle et un gros intestin, des muscles, des reins, une vésicule biliaire, un pancréas, un « pénis » (en fait des organes copulateurs pairs appelés hémipénis) et des testicules (lorsqu’il s’agit d’un mâle), un ovaire (lorsqu’il s’agit d’une femelle), un rectum et un cloaque, etc. Bref, qu’à la différence du cloaque et des hémipénis et de la possession d’un seul poumon vraiment fonctionnel, la plupart des organes que nous avons, nous humains, nous les partageons avec eux [4]. Leur sang est rouge et non pas vert comme les monstres « reptiliens » d’Hollywood.

Ils n’ont plus de pattes. Ce n’est pas parce qu’ils auraient été condamnés « éternellement » à ramper, c’est la conséquence d’une adaptation, d’une évolution qui leur confèrent de nombreux avantages. Et lorsqu’on prend la peine d’observer un serpent se mouvoir, alors on est frappé par la beauté de ce mouvement, son harmonie, cette magnifique agilité, sa force lorsqu’il s’agit de grimper sur des branches. En outre, les serpents sont sourds. Mais, ils le sont en ce sens qu’ils sont dépourvus d’oreilles. Par contre, ils perçoivent les vibrations du sol et de l’air. Leur langue, en relation avec un organe olfactif spécifique aux serpents et à certains lézards, l’organe de Jacobson, est un outil développé de prospection de leur environnement qui leur permet de s’orienter et de trouver leurs proies.

Les serpents sont protégés par la loi en France et en Europe. « Nul n’est sensé ignorer la loi. » Mais cela ne suffit pas du tout. Il faut contribuer personnellement à protéger tous les serpents, y compris venimeux. Protéger ces animaux, c’est au-delà de leur cas précis, protéger une nature véritablement sauvage, et par conséquent la nature dans ce qu’elle a de plus intrinsèque, contre les souillures de ceux des hommes grossiers qui n’ont cure de ce qui adviendra après leur mort d’individualités médiocres. Les enfants, au-moins eux, n’y ont-ils pas droit ? N’ont-ils pas droit à autre chose qu’à une vie dans le béton, dans un univers stérilisé, désenchanté et ennuyeux engendrant nécessairement une violence toujours plus barbare de chacun contre tous ?

Les serpents n’attaquent jamais, ils fuient. Se faire mordre par un serpent venimeux (une vipère), en France, est extrêmement rare et tout à fait évitable. Il suffit de ne pas marcher pieds-nus ou en sandales là où des vipères peuvent exister. Il ne faut pas non plus mettre les mains n’importe où sans regarder. Est-ce trop demander ? Se promène-t-on « librement » sur les autoroutes ? Par ailleurs, il n’y a pas de vipères aux alentours proches de Montpellier. Les premières vipères, très rares, se trouvent dans les environs du Pic S-Loup et sur le causse d’Aumelas. A propos de leur comportement, voici une anecdote qui permettra à celui ou à celle qui me lit de se faire une idée de leur manque d’« agressivité ». Je me trouvais, voici quelques années, à discuter assis sur le sol avec un ami passionné d’écologie, quelque part au Mont Aigoual, quand j’entendis un froissement d’herbes. Je dis à mon ami : « Tiens, ce doit être un serpent... » J’attendis quelques secondes et vis, en effet, une vipère aspic apparaître des buissons et s’approcher de nous. En réalité, elle se dirigeait dans notre direction sans se rendre compte de notre présence. Nous étions tout simplement sur son passage. Alors, sans bouger de ma place, me baissant jusqu’à son niveau, je la photographiais à quelques centimètres de distance. S’étant aperçue pendant cette séance de photographie de notre présence, elle décida de rebrousser chemin et mon ami et moi, nous continuâmes à discuter, sans avoir bougé d’un centimètre de notre place, sans nous soucier du serpent, sachant parfaitement que la vipère avait décidé de ne plus s’approcher.

Quelle conclusion tirer de cela ? Qu’il est infiniment moins dangereux de coexister avec une vipère à quelques mètres de soi, voire moins, qu’avec de nombreux membres de notre espèce. D’ailleurs, j’ai toujours plus peur d’être victime avec ma compagne d’une agression humaine, lorsque je fais du camping sauvage dans la nature ou d’être victime d’un accident d’automobile, et donc de l’inconscience d’autres humains (hommes ou femmes !), enivrés par la puissance de leur voiture, que d’un serpent dans la nature ou encore d’un scorpion dont je peux également affirmer, les connaissant très bien, qu’ils sont eux-aussi dépourvus d’ « agressivité ». Un vocable à réserver aux hommes de nos cultures que l’auteur américain Daniel Quinn qualifiait dans son roman philosophique « Ishmael » de « ceux qui prennent » (qui prennent tout : la vie des autres espèces, l’espace des autres espèces, les proies des autres espèces, etc., ainsi que la vie des autres hommes...), par opposition à « ceux qui laissent » (Les peuples de chasseurs-cueilleurs, tels, par exemple, les Aborigènes d’Australie, les Papous, les Bushmens, les Pygmées ou les Indiens d’Amazonie, ainsi que toutes les espèces animales sauvages...). C’est-à-dire ceux qui ont appris depuis des temps immémoriaux à vivre dans un équilibre sain, sinon en harmonie avec toutes les espèces animales et végétales. Ceux encore qui savent qu’on ne peut tuer impunément. Mais ces peuples, avec toute la nature, se meurent.

N’ai-je pas raison d’avoir peur du cours actuel des choses, quand je constate à quel point des milliards d’hommes, certes avec des responsabilités très inégales, continuent de saccager la planète, plongés qu’ils sont dans l’obscurantisme moderne et possédés par la recherche du profit immédiat et/ou obnubilés par une consommation débridée d’une part, contraints à la lutte pour la survie d’autre part ? L’essayiste et philosophe allemand Walter Benjamin écrivait en 1940 dans ses thèses sur le concept d’Histoire : « Il existe un tableau de Klee qui s’intitule "Angelus Novus". Il représente un ange qui semble sur le point de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’évènements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès. » (Sur le concept d’Histoire, IX thèse).

Alors, face à ce processus monstrueux, faisons en sorte dès maintenant que « le monceau de ruines » ne devienne très prochainement un gigantesque assemblage de ruines et de détritus qui finira par s’abattre sur nous. Pour cela, laissons exister la nature sauvage, laissons vivre les serpents, tous les serpents, comme laissons vivre les loups, les ours, les lynx etc. et donnons l’exemple à ceux des peuples qui tournent leurs regards vers nous. Car autrement, comment conseiller aux habitants de l’Inde de ne plus massacrer ou laisser massacrer les derniers tigres et protéger leurs habitats ? aux habitants de l’Indonésie de cesser le massacre et de cesser de faire ou laisser disparaître les habitats de nombreuses espèces et de tout faire pour les sauvegarder ? de conseiller aux habitants du fantastique continent africain de ne pas massacrer ou laisser disparaître les gorilles, nos cousins si proches les Bonobos et les nombreuses autres espèces de ce continent si riche en espèces animales et végétales ? Oui, comment argumenter si nous ne donnons pas, nous-même, l’exemple pour convaincre de ne pas suivre le mauvais exemple du Maroc où en 1942 un des derniers lions de l’Atlas était abattu [5], où dans les années 1950 les derniers crocodiles du Nil disparaissaient [6], où les dernières hyènes, les derniers caracals, les derniers servals, les dernières panthères, les derniers guépards et bien d’autres espèces animales [7] (sans parler de la disparition du couvert végétal...) sont actuellement en train de s’éteindre dans l’indifférence quasi générale et ce alors que la sous-espèce marocaine du cobra égyptien (Naja haje legionis) - exhibé pour le plaisir des touristes complices - est également menacée d’extinction ...

Montpellier, juin 2003 (revu et légèrement modifié, décembre 2003) Cordialement, Michel Aymerich Mail : michel.aymerich(a)club-internet.fr

PS : Je précise que j’ai été mordu un certain nombre de fois (je fais référence à des envenimations, je ne compte pas les morsures de couleuvres), ainsi que piqué par des scorpions, mais toujours parce que j’avais commis des erreurs de manipulation avec des serpents ou des scorpions affolés. Il en allait de ma responsabilité, jamais de celle de ces animaux...

Annexe :


Serpents des environs de Montpellier
On peut observer, dans les proches environs de Montpellier, les serpents suivants : la couleuvre à collier (Natrix natrix), la couleuvre vipérine (Natrix maura), la coronelle girondine (Coronella girondica), la couleuvre à échelons (Elaphe scalaris), la couleuvre d’Esculape (Elaphe longissima), très rare ici, et la couleuvre de Montpellier (Malpolon monspessulanus). En revanche, la couleuvre verte et jaune (Coluber viridiflavus), la coronelle lisse (Coronella austriaca), la vipère aspic (Vipera aspis), la vipère péliade (Vipera berus), la vipère d’Orsini (Vipera ursinii) et la vipère de Seoane (Vipera seoanei) sont absentes des environs. Concernant la couleuvre de Montpellier, il est parfois écrit sur Internet des contre-vérités absurdes sur ce serpent prétendument dangereux pour les chiens (qui seraient alors mordus « au museau, à la langue, la truffe ou [aux] pattes avant » ! ! !), les chats, les chevaux et les hommes. Cette espèce est certes venimeuse, mais inoffensive pour l’homme du fait de la position de ses crochets situés au fond de la mâchoire et également de la nature de ses crochets qui sont très peu amovibles et ne fonctionnent pas comme ceux des vipères, par exemple. Les crochets de cette couleuvre présentent sur leur bord un canal ouvert, un sillon par lequel coule et se perd son venin, à la différence d’une vipère, dont les crochets ressemblent à une seringue en ce sens que le canal par lequel s’écoule le venin est interne. J’ai été mordu un nombre incalculable de fois par cette couleuvre, toujours en les manipulant car la couleuvre de Montpellier, en présence de l’homme, choisit toujours la fuite, jamais l’attaque ! Et par de grands exemplaires. Une seule fois, très jeune, ne sachant rien de cette espèce, j’ai été mordu différemment. Le serpent avait maintenu dans sa mâchoire le pouce de ma main gauche et j’avais laissé faire (j’insiste sur ce point, car j’avais tout à fait la possibilité d’interrompre le processus). Ensuite, il avait commencé à l’avaler, puis à inoculer du venin. Le résultat fut que j’éprouvai par la suite une petite douleur à une glande située sous mon bras et que mon pouce gonfla. Et c’est tout. Le phénomène disparut au bout de quelques heures, sans que j’eusse à faire quoi que ce soit... Bien sûr, d’autres individus peuvent avoir une réaction plus importante. Ainsi une connaissance (un herpétologue, donc une personne qui manipule intentionnellement les serpents) me rapportait qu’après avoir été longuement mordu à la main, une partie du bras avait gonflé. Mais dans tous les cas, jamais d’accidents sérieux n’ont été à ma connaissance rapportés... Quant aux allergies, je n’y fais pas allusion. On peut avoir une sérieuse allergie aux cacahuètes et mourir d’une piqûre d’abeille !

par Michel Aymerich Mail : michel.aymerich(a)club-internet.fr , le 25/01/2004
Il n'y a pas de commentaire sur cette page. [Afficher commentaires/formulaire]
  •