Essai sur la place de la vulgarisation scientifique dans notre société

Partage des connaissances



3 niveaux peuvent être individualisés dans le partage des connaissances :

« vulgarisation scientifique », proche de la démarche journalistique

Il serait intéressant de compléter cette démarche par une vision plus scientifique a.Mettre en avant la démarche scientifique plutôt que le contenu.
Les journaux de vulgarisation considèrent la vulgarisation comme l’exposition d’une nouvelle vérité, fac simile de la réalité des recherches scientifiques. Les magazines consistent en fait en un “digest” de publications dans des revues professionnelles de haut-niveau, écrit par les chercheurs eux-mêmes. Or ils ne sont pas forcément toujours les mieux placés pour savoir ce que le grand public peut comprendre ou pas.
C’est par un point de vue épistémologique que la VS se ferait afin de présenter la recherche de façon humaine. On chercherait à présenter fidèlement un programme d’expérimentation scientifique, avant de s’intéresser aux résultats.

b.Mutations dans les modalités de la recherche moderne
La recherche est en train de réaliser une transformation dans son approche : passage de l’étape descriptive à une démarche prédictive. On tient à insister sur le fait que les méthodes de recherche elles-mêmes font l’objet de réflexions et sont sujettes à évolution. La vulgarisation passerait bien par l’épistémologie, et on arrive ainsi à une désacralisation de la science.

La plupart des gens ne savent pas ce qu’est la démarche scientifique. On ne retient de la science que les résultats, et non le travail qui précède et ses méthodes.

Peut-être est-ce lié au fait que les filières scientifiques sont considérées à l’école comme les plus "prestigieuses". Le monde est divisé en deux : ceux qui passent un bac S, et les autres. Par la suite, les citoyens qui n’y ont pas eu accès s’attendent donc à ce que les scientifiques soient des sortes de super cerveaux forcément capables de résoudre tous les problèmes. Les gens attendent trop de la recherche scientifique parce qu’on leur a dit quand ils étaient élèves que c’était trop compliqué pour eux. Et comme plus tard, le dialogue chercheur/citoyen n’existe quasiment pas, ce malentendu n’est jamais levé.
Faut toujours en revenir à ce qui se passe à l’école. Peut-être qu’effectivement, au lieu d’apprendre à résoudre des équations différentielles, on devrait enseigner au collège quelques rudiments d’épistémologie, afin que tout le monde se rende compte que la science n’est pas une discipline figée et dogmatique, et que ses méthodes sont constamment remises en question.

Le but de cette démarche est de démystifier, désacraliser les sciences. On rend la recherche humaine. La création d’une interface Sciences / Sociétés peut se concrétiser par la mise en place de débats citoyens avec l’établissement de clefs scientifiques pour comprendre le monde et ses progrès (clubs sciences-citoyens du CNRS, débats philo sur des thèmes environnement, scientifique...).
Les moyens communicatifs peuvent être du domaine muséologique (expositions, veille scientifique (« où en est-on ? »)).

Extrait d’un article du Monde :
"Les comités d’organisation des Etats généraux de la recherche se réunissent samedi 11 et dimanche 12 septembre à Paris.
(...)
Recherche et société.
Tout en posant comme postulat qu’"il ne peut y avoir de recherche de qualité en dehors de l’existence d’une recherche scientifique forte, libre de ses questionnements et de ses modalités dans la limite du droit", les scientifiques veulent "construire la recherche avec l’ensemble de la société". Cela passe, à leurs yeux, par la mise en place de "processus de démocratie participative" tels que des conférences de citoyens sous l’égide du Parlement, ainsi que par la création d’un "Haut Conseil de la science", associant des savants et des représentants de la société civile et "indépendant du pouvoir politique"."

Diffusion des connaissances
Cette démarche s’oppose au point précédent par la bi-directionnalité de l’information. Au lieu de présenter une nouvelle vérité, simplifiée de la réalité du monde de la recherche, on met en place un dialogue entre les 2 mondes : celui des chercheurs et celui des consommateurs d’information.
Le but est de créer un lien entre 2 mondes dont les langages et les attentes diffèrent. Pour cela il est intéressant de se baser sur la mise en place d’un réseau (chercheurs référents au sein des institutions).
La diffusion des savoirs se ferait sous forme de clefs, idées directrices, théories nouvelles avec la volonté de confrontation des points de vue. Des forums virtuels et des rencontres physiques pourraient être générés. Pour faciliter l’accueil de nouveaux participants, des niveaux de synthèses croissants pourraient être réaliser ainsi que des travaux d’enrichissements (reférences) et des élargissements des débats par éléments nouveaux. Le croisement des informations permettraient une réponse aux envies de connaissances de la part des consommateurs (= récepteurs de l’information) et une interprétation de ces perceptions par les chercheurs (= créateurs).

Transfert des connaissances
Le but de ce transfert est de créer du lien entre créateurs (la recherche) et acteurs sociaux ; de la même façon que le transfert technologique (ex : ANVAR) utilise les progrès de la recherche pour féconder le monde industriel. On a l’impression que le compartiment “recherche” se nourrit bien du compartiment “terrain”, sans que la réciproque soit suffisamment vraie. Alors que dans le domaine de l’ingénierie, on peut dire que l’industrie sait très bien se nourrir de la recherche, au point de la vampiriser... On se place dans une optique de Recherche / Action.

Les outils communicatifs peuvent être du genre Wikini (philosophie de l’écriture concertée). Cet outil permet une phase d’élaboration globale, commune et honnête. Une dynamique des échanges est générée entre les 2 compartiments et permet la mise en place d’un lien direct. Le médiateur s’efface au fur et à mesure...

Finalement, la vulgarisation scientifique peut être vue comme un moyen, et non une fin : le moyen d’arriver à une société dont la science serait partie prenante, participerait au débat démocratique et y serait elle-même soumise. La science n’est pas totalement détachée du politique. Ne doit pas l’être : c’est leur association qui pourra peut-être combler le gouffre nord/sud.

Essai écrit à deux mains. Antoine GAILLARD et Gabriel BERNARD
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