Plantes toxiques et risques parasitologiques


Éviter les confusion avec des plantes toxiques, se prémunir des risques parasitologiques, échapper aux pollutions causées par certaines pratiques agricoles ont été notre objectif lors de la rédaction des différentes versions de l’ouvrage les Salades sauvages. Pour le prolonger nous créons cette page qui sera régulièrement mise à jour.
 

Risques d’intoxication

Les intoxications dues à la consommation « d’aliments sauvages » concernent avant tout les champignons. Un communiqué de presse en date du 29 octobre 2017 signalait : « Si de juillet à fin août, les centres antipoison enregistraient un nombre de cas variant de 15 à 50 par semaine, 181 cas d’intoxication [dus à la consommation de champignon] ont été enregistrés ces deux dernières semaines. »
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Les intoxications dues à des végétaux sauvages sont heureusement plus rares : « moins de 0,3 % des intoxications recensées, dont seulement 10 % conduisent à une hospitalisation » (Marine Valéry, 2015).
 
Les trois travaux suivants, le plus récent étant placé en premier, traitent des risques liés à la confusion avec des plantes toxiques. A leur lecture on peut remarquer que ces risques portent en fait, sur d’autres plantes que celles traditionnellement ramassées comme  salades sauvages, un fait qui n’est pas dû au hasard.


Articles scientifiques sur les risques de cueillette


Marine Valéry, Mécanismes et conséquences des confusions lors de cueillettes de plantes sauvages : une approche transdisciplinaire.
Sciences pharmaceutiques, 2015.

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Aperçu : Après avoir été dénigrée et connotée comme marqueur de pauvreté, la cueillette de plantes sauvages connaît actuellement un nouvel engouement avec une modification des pratiques et des moyens de transmissions des connaissances. Peu d'études documentent cette évolution et aucune ne s'intéresse aux critères d'identification des plantes. Dans le même temps, les plantes sauvages suscitent la méfiance pour beaucoup de personnes. Dans ce contexte, il nous a semblé pertinent de proposer une analyse transdisciplinaire des risques de confusion lors de cueillettes de plantes sauvages. Le travail effectué s'est basé sur les cas d'intoxication par des plantes dans un contexte alimentaire recensés par le Centre Anti Poison de Lyon sur la période 2010-2014. En parallèle, une enquête ethnobotanique sur les motivations de cueillette et les critères d'identification des plantes a été menée auprès de cueilleurs et formateurs de la région Grenobloise. Les résultats montrent que les intoxications par confusion de plantes sont en augmentation bien que représentant moins de 0,3 % des intoxications recensées, dont seulement 10 % conduisent à une hospitalisation. D'autre part, les entretiens montrent que les cueilleurs sont prudents et que les cas de confusion restent anecdotiques. Ils montrent également que le public intéressé par les plantes sauvages est très hétérogène. En conclusion, on peut supposer que ceux qui s'intoxiquent sont moins bien formés et prévenus que les cueilleurs interrogés. Une enquête effectuée auprès des personnes appelant les Centres Anti Poison permettrait de documenter plus en détails la survenue des intoxications par confusion de plantes afin de proposer des outils adaptés de prévention.
 
 
Stéphane Rodallec, Risque d’intoxication par les plantes et pratique officinale.
Thèse pour le diplôme d’état de docteur en pharmacie, université de Nantes, septembre 2013.

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Aperçu : Les intoxications dues aux plantes sont à l'origine d'environ 5% des appels aux Centres Antipoison. A partir de cas récents, nous exposerons les différentes circonstances d'intoxication recensées dans la littérature. Suite à cette approche qualitative, des données quantitatives permettent de mesurer l'importance du phénomène et ouvre la voie aux actions envisageables en officine. Celle-ci sont de deux natures : une prise en charge immédiate d'une intoxication, avec des premiers gestes à effectuer ainsi qu'un interrogatoire permettant, en contact avec le Centre Antipoison ou le SAMU de préciser la prise en charge, et des actions de préventions. Pour ces actions de prévention, ainsi que pour l'identification d'une plante mise en cause, l'existence d'outils et de documentations, disponible sur internet, aide l'action du pharmacien.
 
 
Coralie Bergerault, Les plantes sauvages en Gastronomie : précautions à prendre et risques d’intoxication avec des plantes toxiques.
Thèse pour le diplôme d’état de docteur en pharmacie, université de Nantes, septembre 2010.

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Aperçu : L’objectif de cette thèse, loin de vouloir décourager les personnes avides de saveurs nouvelles, est de rapporter les pièges qui peuvent survenir lors de la consommation de plantes sauvages d’utiliser les connaissances disponibles à ce jour pour les éviter. Ainsi le développement du sujet commencera par l’étude des principaux paramètres à prendre en compte avant de consommer des plantes sauvages puis sera suivi par une étude plus spécifique des confusions entre plantes comestibles ou avec des plantes sans intérêt culinaires car la santé et la vie des consommateurs sont, dans ces cas là, mis en jeu. Les intoxications par les plantes suites à la contamination de récoltes agricoles, à une réaction allergique, à une consommation volontaire de plantes toxiques (suicide, recherche d’effets hallucinogènes) ou accidentelle pour le jeune enfant (à l’âge où ils mettent tout à la bouche), ne seront pas non plus développées.